Transhumance

Cliché : Jean-Luc MAVEL

Les pratiques de transhumance en cours de reconnaissance par l’UNESCO

Depuis la fin de l’année 2019, le Parc naturel régional Livradois-Forez participe à une démarche nationale, portée par le ministère de la Culture et par le Collectif des races locales de massifs (CORAM), qui vise à inscrire les pratiques de transhumance au Patrimoine culturel immatériel mondial de l’UNESCO pour la richesse de ses traditions vivantes : les modes de conduite des troupeaux transhumants, les modes d’élevage et les pratiques de gestion pastorale en altitude, les pratiques coutumières de gestion collective des territoires pastoraux, les savoir-faire liés à l’artisanat et à l’élaboration de produits alimentaires, enfin, les pratiques sociales, rituels et événements festifs en temps de transhumance..

A l’origine, une initiative italienne

Le Comité intergouvernemental pour la sauvegarde du Patrimoine culturel immatériel, réuni mi-décembre 2019 à Bogota en Colombie, a inscrit la transhumance sur la liste représentative du Patrimoine culturel immatériel de l’humanité.  Cette inscription fait suite à un dossier, d’ores et déjà présenté par l’Italie, la Grèce et l’Autriche, intitulé : « La transhumance, déplacement saisonnier de troupeaux le long des routes migratoires en Méditerranée et dans les Alpes ».

La France saisit l’opportunité de s’agréger à cette démarche

A son tour, la France souhaite obtenir cette reconnaissance, conjointement avec d’autres nations intéressées (Albanie, Andorre, Croatie, Espagne, Luxembourg, Portugal et Roumanie). La réalisation d’un dossier est en cours, avec pour objectif un dépôt d’une candidature multinationale en mars 2021. Animée par le CORAM en partenariat avec les structures professionnelles nationales du monde de l’élevage et du pastoralisme, cette démarche a mobilisé l’ensemble des massifs français concernés (Alpes, Corse, Jura, Massif Central, Pyrénées, Vosges).

Une mobilisation importante des acteurs locaux

Pour le Massif Central, la coordination est assurée par Auvergne estives (Fédération des estives d’Auvergne) et le Parc naturel régional Aubrac. Localement, d’octobre à février 2019, chaque territoire a été invité à recenser les spécificités de ses pratiques de transhumance. Côté Livradois-Forez, un travail a d’abord été conduit en  interne au Parc Livradois-Forez, sur la base d’archives documentaires. Puis, les acteurs locaux de la transhumance (groupements pastoraux, profession agricole, propriétaires de jasseries, AOP Fourme de Montbrison et AOP Fourme d’Ambert, Association de sauvegarde de la race bovine Ferrandaise, …) ont été conviés à une réunion de travail le 3 février 2020 à la Maison du Parc.

Un inventaire exhaustif des spécificités de la transhumance française

Au printemps 2019, l’ensemble des données récoltées localement ont été mutualisées à l’échelle Massif Central, puis à l’échelle nationale , permettant un inventaire exhaustif des spécificités françaises de la transhumance. Un document complet de près de 100 pages, qui retrace le passé et le présent de la transhumance en France, a été élaboré en mai 2019.

Loin d’une mise sous cloche, le travail d’inventaire réalisé ne fige pas une pratique mais au contraire permet de la maintenir dynamique, de la valoriser et de la promouvoir de façon durable. Il débouche sur un vrai programme opérationnel traduit sous forme de « Charte de sauvegarde et de valorisation de la transhumance » qui sera accessible in extenso sur le site de l’Inventaire national, pour que l’ensemble « fasse modèle » selon les préconisations du Comité. Cette charte a vocation à être reprise dans les différents territoires afin que les communautés transhumantes s’approprient la démarche et déclinent le programme dans leurs projets de territoires.

En 2020, une première reconnaissance nationale

Le 2 juin 2020, le Comité du patrimoine ethnologique et immatériel (CPEI) a rendu, à l’unanimité des membres présents, un avis favorable à  l’inscription des pratiques et savoir-faire de la transhumance à l’inventaire national du Patrimoine Culturel Immatériel. Il s’agit de la première étape (obligatoire) pour présenter un dossier de candidature au Patrimoine Culturel Immatériel de l’Humanité de l’UNESCO ! Le comité a souligné la qualité du travail réalisé dans chaque territoire, saluant l’effort de synthèse nationale mettant en valeur une vision de la pratique de la transhumance commune et des enjeux partagés malgré la très forte diversité des territoires concernés.

Vers une reconnaissance UNESCO à l’internationale

La phase d’internationalisation de la démarche peut désormais commencer, selon le programme prévisionnel suivant :

  • Automne 2020 – « internalisation » de la démarche en Europe, en vue d’une candidature multinationale auprès de l’UNESCO,
  • Mars 2021 – dépôt d’un dossier de candidature internationale auprès de l’UNESCO,
  • Décembre 2021 : décision finale du Comité intergouvernemental pour la sauvegarde du Patrimoine culturel immatériel.

Contact :

Élodie PERRET, Chargée de mission Agriculture au Parc Livradois-Forez, – 04.73.95.58.15