La Ferrandaise

La Ferrandaise, race authentique d’Auvergne

La race bovine « Ferrandaise » est une race rustique, à faible effectif, originaire du Puy-de-Dôme. Menacée de disparition il y a encore quelques années, elle retrouve aujourd’hui ses lettres de noblesses, grâce à la mobilisation d’éleveurs passionnés de « l’Association de sauvegarde de la race bovine Ferrandaise ».

©Philippe BACHELARD

Une race locale…

La race Ferrandaise trouve son berceau d’origine dans les deux massifs montagneux du Puy-de-Dôme : Chaîne des Puys et Monts Dore à l’Ouest, Monts du Livradois et du Forez à l’Est. Elle tient son nom de la région de Clermont-Ferrand. Vache atypique aux cornes en forme de lyre, elle présente une grande diversité de robes : elle peut être poudrée, brégniée ou barrée, et se parer de rouge ou de noir. La Ferrandaise est une race mixte, et peut donc être élevée pour sa viande mais aussi pour son lait. Elle est à l’origine, avec sa cousine la Salers, des fromages d’Auvergne, et en particulier la Fourme !

…. au parcours contrasté

« C’est vers 1860 que le vocable « Ferrandaise », parmi beaucoup d’autres, a commencé à s’imposer […] mais ce n’est qu’en 1889 que la race Ferrandaise est reconnue en tant que race pure. […] La race a eu beaucoup de peine à être admise car ses robes « bigarrées », avec autant d’animaux pie-noire que pie-rouge, semblaient être un indice d’impureté et d’imperfection à une époque où l’uniformité du type était considérée comme l’idéal de la sélection. […] La race fut à son apogée entre les deux guerres. Elle comptait 80 000 vaches et faisait l’objet d’un commerce important […]. Après-guerre, bien qu’amoindrie, la race comptait encore plusieurs milliers de sujets. Le déclin s’accéléra au début des années 1960 à cause des campagnes de prophylaxie et l’abandon de la traction animale qui favorisèrent l’introduction d’autres races. Alors que l’insémination artificielle se développait, les taureaux Ferrandais n’y furent pas admis », Laurent AVON, Institut de l’élevage.

Le déclin d’une race en décalage avec son époque

Dans ce contexte de révolution productiviste des systèmes agricoles, la Ferrandaise voit ses meilleurs atouts se retourner contre elle. Ses capacités à l’attelage ne font pas le poids face à la mécanisation croissante de l’agriculture tout comme son caractère de race mixte, capable de produire à la fois du lait et de la viande, s’avère un inconvénient au moment où la production agricole du territoire s’oriente vers la spécialisation laitière intensive.
Perçue comme inadaptée et surannée, la Ferrandaise atteint alors un stade critique dans les années 70-80 avec à peine 150 femelles. La race est alors officiellement en voie de disparition.

Une sauvegarde « in extremis »

La Ferrandaise doit son salut à une poignée d’éleveurs passionnés. Convaincus des capacités de la race, et soucieux de préserver à la fois la biodiversité domestique et le patrimoine local, ils décident d’agir pour enrayer cette chute inexorable des effectifs. Soutenus par le Parc naturel régional des Volcans d’Auvergne et l’Institut de l’Elevage, ils créent en 1977 l’Association de Sauvegarde de la Race Bovine Ferrandaise pour mener à bien des actions de conservation.

Les compétences scientifiques de l’Institut de l’élevage, aujourd’hui organisme de sélection de la race, combinées aux savoirs des éleveurs ont permis, au fil des années, de mener le délicat travail de sauvegarde génétique. Une mission de longue haleine couronnée de succès près de 40 ans plus tard : le cheptel de la race passe à nouveau la barre des 3 000 femelles, considéré comme seuil de sauvegarde.

Aujourd’hui, un renouveau mérité

Ces dernières années, le cheptel Ferrandais s’est renouvelé et les effectifs sont remontés de manière importante : si en 1990 la race totalisait 198 femelles, les inventaires de 2020 en comptabilisent près de 3 500 ! Un nombre qui a doublé en 10 ans.

Ces résultats encourageants s’accompagnent d’une augmentation du nombre d’éleveurs : la Ferrandaise est présente dans 522 élevages en 2020 (contre 238 élevages en 2010) dont plus de la moitié sont localisés dans les départements du Puy-de-Dôme, de la Loire, de la Haute-Loire et du Cantal.

L’Association réunit aujourd’hui près de 130 éleveurs adhérents. Elle regroupe différentes générations d’éleveurs, depuis les fondateurs jusqu’aux futurs agriculteurs, et poursuit aujourd’hui l’objectif principal de favoriser les projets d’installation en développant la race et ses produits. De la sauvegarde, la Ferrandaise est donc passée à une phase de développement et de valorisation.

Une race résolument tournée vers l’avenir

Au-delà des chiffres, cette vache adaptée à des conditions d’élevage de moyenne montagne et ne demandant que peu d’interventions vétérinaires, reste le fer de lance d’une agriculture naturelle et fidèle à l’image du terroir. Les caractéristiques (rusticité, mixité, …)  qui ont pu la désavantager autrefois lui confère aujourd’hui de sérieux atouts pour répondre au besoin de résilience des exploitations face au changement climatique ainsi qu’aux attentes des consommateurs soucieux d’acheter des produits locaux de qualité.

Des valeurs qui rejoignent celles portées par les Parcs naturels régionaux. C’est pourquoi le Parc Livradois-Forez est présent aux côtés de l’Association depuis plusieurs années, en partenariat avec le Parc naturel régional des Volcans d’Auvergne. L’implication des Parcs a notamment permis, en 2020, la création d’un poste d’animation autonome pour l’Association. Une belle avancée qui va faciliter la mise en œuvre des différents projets portés par l’Association : améliorer la connaissance des élevages, poursuivre le travail de suivi génétique, promouvoir la race et ses produits, travailler au développement de nouvelles filières, en lien notamment avec les AOP fromagères, pour valoriser les produits Ferrandais.

Pour en savoir plus sur la race ou sur les missions de l’Association de sauvegarde de la race bovine Ferrandaise, consulter la page Facebook de l’Association.

Contacts :

Morgane MORANDEAU, animatrice de l’Association de sauvegarde de la race bovine Ferrandaise :  – 07 80 37 01 14

Elodie PERRET, chargée de mission Agriculture au Parc Livradois-Forez,  – 04 73 95 58 15

La Ferrandaise (PDF – 4 Mo)