La ressource forestière

190 000 hectares de forêt – L’une des ressources forestières les plus importantes du massif Central

A l’échelle du massif Central, l’ensemble constitué par les massifs du Livradois, du Forez et des Bois Noirs (qui débordent sur les départements de la Loire et de l’Allier) forme l’un des espaces boisés les plus importants du massif Central.

Le taux de boisement du Parc est particulièrement élevé : 55 % contre un taux de 35 % au niveau régional (29,5 % dans le Puy-de-Dôme et 36 % dans la Haute-Loire). Certaines communes du Parc connaissent des taux beaucoup plus élevés, approchant 90 %.

Le morcellement de la propriété forestière constitue un frein à l’exploitation optimale de ce potentiel : 70 000 propriétaires se partagent les 190 000 ha boisés du Parc. Ils possèdent 3 à 4 parcelles chacun en moyenne. La surface moyenne des parcelles est de l’ordre du demi hectare.

La filière Bois est cependant dans une dynamique de structuration et d’organisation à laquelle contribuent par exemple la Charte forestière de l’arrondissement d’Ambert et le Pôle d’excellence rurale incluant une réflexion sur l’avenir du fret ferroviaire.

L’exploitation et la valorisation de la ressource forestière vont prendre une importance encore plus grande dans l’économie locale compte tenu des besoins croissants pour les secteurs de l’énergie et de la construction d’une part, et de l’arrivée à maturité de nombreuses plantations d’autre part.

Le sapin pectiné : 1/3 de la ressource en bois local

Une essence autochtone

Parmi les différentes essences, le sapin pectiné fait un retour remarqué après la dernière période glaciaire (il y a près de 10 000 années). Profitant du réchauffement du climat, il colonise peu à peu le Livradois-Forez, avant de s’y installer durablement il y a près de 4 000 ans.

Utilisé en charpente, emballage, coffrage, menuiserie, agencement intérieur, ses usages multiples l’a longtemps placé au cœur des activités humaines. Ce « Roi des forêts » représente le tiers des surfaces boisées du Parc et se positionne comme un véritable allié pour répondre aux défis climatique, écologique, économique et paysager de notre époque.

Un bois qui a sa place dans l’histoire du Livradois-Forez

Au XIXe siècle, parmi les différentes essences, le sapin a d’ailleurs acquis ses lettres de noblesse en devenant l’essence « riche » du Livradois-Forez. Il entre alors dans la confection des charpentes traditionnelles des maisons en pisé et en pierres des nobles et des seigneurs locaux. Les habitations plus modestes se contentent de bois de pin.

Les moulins de papetiers des vallées d’Ambert et de Thiers, les féculeries, les scieries… constituent eux aussi des éléments remarquables de cette histoire constructive, auxquels il faut ajouter quelques édifices monumentaux comme les clochers d’Olliergues et de Domaize ou l’église de Sembadel.

Avant cela, de la seconde moitié du XVIIe au début du XIXe siècle, l’utilisation du bois de sapin se diversifie et il est utilisé en dehors du territoire, pour la fabrication des mâts de bateau de la marine royale. Bien que n’ayant concernée qu’une courte période, cette exploitation a marqué l’histoire du Livradois-Forez de par son ampleur.

Construire et rénover en sapin, aujourd’hui et demain

Le sapin est reconnu pour sa grande résistance mécanique héritée de sa croissance lente et sa légèreté. Il a longtemps été utilisé pour fabriquer des pièces de sections importantes et massives. Les nombreux bâtiments anciens qui ont très bien vieilli témoignent de la durabilité du bois de sapin.

Bois tendre et facile à usiner, il se prête aisément au façonnage des finitions, et ce quels que soient le style et l’univers souhaités. Ses qualités esthétiques sont appréciées et confèrent aux usagers un sentiment d’apaisement et de sérénité, renforcé par sa capacité naturelle à absorber les bruits extérieurs et intérieurs.

Aujourd’hui, certains scieurs et artisans de la région innovent et proposent des parements intérieurs de lames de bois massif, des lambris massif ou aboutés, des parquets massifs à coller ou à clouer ou encore des panneaux acoustiques.

Le sapin pectiné se prête également très bien à la structuration et à l’organisation des espaces (escaliers, portes, meubles, claustras, banques d’accueil…).

Aujourd’hui objet d’un renouveau des savoir-faire, le sapin est le point de départ de nouveaux produits, en coévolution avec la construction bois qui s’inscrit de plus en plus dans une logique d’économie circulaire.

Documents

Lien vers la monographie Forêt - Filière bois du PNR Livradois-Forez
Lien vers la monographie Forêt – Filière bois du PNR Livradois-Forez