Fiche n°42

Nos tritons

Discrets et fascinants à la fois, trois espèces de tritons peuplent le Livradois-Forez. Ces animaux, font partie d’un petit groupe d’amphibiens (ou batraciens) appelé Urodèles comptant moins de 600 espèces dans le monde. Chez nous, ce groupe comprend aussi une créature forestière de légende : la Salamandre (Salamandra salamandra). Ces vertébrés ont le plus souvent une double vie, aquatique, puis terrestre après métamorphose et à nouveau aquatique en période de reproduction ; peu d’espèces sont totalement affranchies des milieux aquatiques (aucune en Auvergne).

Identification de nos 3 espèces

Le plus commun, le Triton palmé (Lissotrion helveticus) est aussi le plus petit; il n’atteint et ne dépasse que rarement 8,5 cm de longueur totale. Le mâle est légèrement plus petit que la femelle ; le bout de sa queue se termine par un petit filament et ses pieds sont fortement palmés.
Plus grand, le Triton alpestre (Ichyosaura alpestris) peut atteindre 9 à 10 cm de longueur totale pour le mâle, et 11 à 12 cm pour la femelle. En phase aquatique, le mâle présente une fine crête dorsale blanche festonnée de noir, ainsi qu’une zone bleu intense, puis une zone blanche marquée de noir sur les flancs: un chef-d’œuvre d’orfèvrerie ! Le plus grand des trois, le Triton crêté (Triturus cristatus) atteint de 13 à 17 cm de longueur totale.

Habitats

En phase aquatique le Triton palmé occupe la plupart des pièces d’eaux, même les plus petites telles des serves ou de simples fossés.Il est présent dans pratiquement toutes les communes du Parc. Le Triton alpestre lui, ne connaît pas de limites altitudinale sur le territoire du Parc. Il partage souvent les mêmes milieux que le Triton palmé mais se montre plus exigeant sur la qualité des eaux. Dans les départements du Puy-de-Dôme et de Haute-Loire son aire de répartition principale épouse assez fidèlement les contours du Parc Livradois-Forez. Dans les grandes lignes, le Triton crêté partage aussi les même types de milieux que ses congénères, mais se montre plus exigeant encore que l’espèce précédente. Sur le territoire du Parc régional, l’espèce se trouve essentiellement aux altitudes basses et moyennes, dépassant rarement 900m.
Si le Triton alpestre est bien représenté sur le Parc, le Triton crêté reste relativement rare.

Menaces et protection

Nos trois tritons sont intégralement protégés par la législation française. De plus Tritons alpestre et crêté figurent sur la liste rouge régionale des espèces menacées. A l’échelle régionale les deux espèces sont effectivement en régression notable. Les causes de cette régression, comme celles des amphibiens en général, sont nombreuses : destruction ou comblement des mares et isolement consécutif des stations, remembrements, drainage, introduction de poissons exogènes, utilisation de biocides, enrésinement massif, circulation routière, etc.…
Les populations du Parc du Livradois-Forez figurent toutefois parmi les plus importantes de la région et présentent encore parfois un bon niveau d’interconnexion grâce, notamment, réseau de mares (et autres pièces d’eau) encore dense, gage, peut-être, d’une certaine pérennité.

Alexandre TEYNIE

Comment agir ?

Les menaces pesant sur l’élément aquatique et son environnement immédiat reste le point le plus critique concernant la sauvegarde de nos tritons et des autres amphibiens. Les mares et les pièces d’eau de petites tailles ou de faible profondeur et dépourvues de poissons sont à protéger particulièrement, notamment du comblement (naturel ou non), de l’empoissonnement mais aussi de l’emploi de biocides à leur proximité (comme à proximité de tout type de plans d’eau). Les tendances pionnières de ces remarquables éléments de notre patrimoine faunistique, permettent par la création de mares ou la réouvertures d’autres en voie d‘eutrophisation, comme le fait l’association « Hyla 63 » dans le Puy-de-Dôme, de préserver ou même localement d’augmenter leurs effectifs et de restaurer des connexions disparues..

© Copyright - Parc naturel régional Livradois-Forez