Fiche n°52 (2)

Les chauves-souris

mammifères extraordinaires

La reproduction des chauves-souris

Chez les chauves-souris, les accouplements ont lieu en automne, au moment où les individus des deux sexes ont accumulé le maximum de réserves énergétiques peu avant le repos hivernal. Dans la plupart des cas, l’ovulation et la fécondation ne se produiront pourtant qu’au printemps, les gamètes du mâle étant conservées tout l’hiver dans le corps de la femelle. Cette stratégie évite aux femelles une trop grande dépense d’énergie au printemps pour les accouplements, et leur permet aussi d’adapter très précisément l’ovulation et la fécondation aux ressources alimentaires disponibles aux premiers beaux jours, pour assurer au jeune le maximum de chances de survie. La gestation dure entre 40 et 70 jours suivant les espèces, et il n’y a en général qu’un petit par portée.

Comme chez tous les mammifères les femelles allaitent leur jeune, et le développement de celui-ci est très rapide, puisqu’à l’âge de six semaines, il sera non seulement apte au vol, mais sevré et émancipé !

Les chauves-souris vivant en France et en Europe sont toutes insectivores, elles ont la denture spécialisée de ce type de régime, avec des dents pointues et des canines puissantes, qu’on retrouve par exemple chez le hérisson ou les musaraignes.

Un nichoir à chauves-souris

Un nichoir à chauves-souris spécialement adapté aux espèces arboricoles

Nichoir à chauves-souris

Nichoir à chauves-souris

 

Elles consomment de grandes quantités d’insectes en les capturant en vol. En hiver, avec la baisse des températures et la mise en sommeil de la végétation, les insectes se raréfient, et les chauve-souris vont également rentrer dans une phase de vie ralentie, l’hibernation. Elles choisissent un gîte hivernal à l’abri du dérangement et des variations brutales de température ou d’humidité, et vont patienter jusqu’au retour des beaux jours, leur température interne s’abaissant à quelques degrés seulement et leur fréquence cardio-respiratoire devenant très faible.

Ces mammifères de quelques grammes maîtrisent totalement les économies d’énergie ! Si on les observe parfois voltiger autour des lampadaires en été, il faut toujours garder à l’esprit que les chauves-souris, qui sont toutes protégées en France, sont des mammifères sensibles aux dérangements, tout particulièrement au cours de la période d’élevage des jeunes et pendant l’hibernation.

Charles Lemarchand

Comment cohabiter?

Plusieurs espèces de chauves-souris peuvent se reproduire dans une habitation, même occupée. On peut citer par exemple la pipistrelle commune, la sérotine commune, ou encore le petit rhinolophe. Rappelons qu’elles sont totalement inoffensives pour l’homme, qu’elles ne s’accrochent pas dans les cheveux et que les cas de transmission de maladies sont plus que rarissimes. Les petites nuisances que leur présence peut provoquer sont en général liées à l’accumulation de déjections (guano) sur les planchers des combles, des taches ou des infiltrations d’urine si les individus sont nombreux, et parfois des cris émis par les jeunes. Il est possible de conserver une colonie dans ses combles en évitant ces désagréments, et il est même envisageable de cohabiter avec les chauves-souris, lorsque les combles sont aménagés en nouvelles pièces de vie par exemple, en créant une zone de confinement, qui assurera aux chauves-souris tranquillité et accès à l’extérieur de la maison, mais évitera les petits inconvénients liés à leur présence. Ainsi, avec une simple bâche posée sur le sol d’un grenier non utilisé, on pourra recueillir le guano sous la colonie, éviter l’amoncellement des déjections et les taches d’urine, et valoriser ensuite le guano comme engrais naturel dans le jardin ! Dans le cas où les combles doivent être aménagés, des zones peuvent être réservées aux chauves-souris par la pose d’interplanchers ou de cloisons spécifiques, dont les découpes parfaitement jointives le long des solives et des planchers empêchent les infiltrations et les mouvements d’individus vers l’intérieur de la maison. Une « chiroptière », petite trappe d’accès vers l’extérieur, leur assure la liberté de circulation et l’indépendance vis-à-vis du propriétaire. Pour tout conseil et aide technique et pratique en aménagements spécifiques de ce type, l’association Chauve-Souris Auvergne peut être contactée : www.chauve-souris-auvergne.fr ou au 04.73.89.13.46.

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