Fiche n°16

Le blaireau d’Europe

Meles meles

Blaireau

Blaireau

Caractéristiques

Le blaireau est un mammifère pouvant peser jusqu’à près de 20 kg et d’une longueur moyenne de l’ordre de 70 cm, sans compter la queue. Tout comme la martre et la fouine, présentées le mois passé, le blaireau appartient à la famille des Mustélidés, dont il est assurément le plus gros représentant en Europe.
Court sur pattes, trapu, massif et musculeux, le blaireau marche sur la plante des pieds et non sur les seuls doigts : c’est un plantigrade. C’est ce qui a lui valu d’être considéré jadis comme un ursidé, c’est-à-dire appartenant à la famille des ours. Ses mains solides en font un fouisseur de premier ordre, capable de creuser d’impressionnants réseaux de galeries.
Mais c’est d’abord, bien entendu, à sa gueule pourvue de bandes de poils noires et blanches, flanquant son museau pointu, que nous reconnaissons tous le blaireau.

Blaireau

Moeurs et alimentation

Le blaireau est un omnivore, capable de consommer pratiquement tout ce qui lui passe sous le nez : végétaux, insectes, vers, rongeurs, amphibiens, reptiles, déchets,
cadavres, etc. C’est un parfait opportuniste, un vrai « nettoyeur ».
Essentiellement nocturne, doté d’une mauvaise vue, il possède un odorat très
développé. Animal grégaire, il vit dans des clans territoriaux, qui regroupent mâles et femelles, avec leurs jeunes, dont le point de convergence est le terrier et ses abords.

Blaireaux

Blaireaux

Reproduction

La période de rut a lieu de janvier à mars. Comme la martre et la fouine, on observe chez le blaireau le même phénomène d’ovo-implantation différée : les naissances suivent une année après l’accouplement. Les petits (au nombre de 2 à 7 par portée) deviennent autonomes vers leur troisième ou quatrième mois de vie.

Habitat

Le blaireau recherche les zones où alternent les boisements, dans lesquels il creuse son terrier, souvent à la faveur d’une rupture de pente, et les espaces ouverts, prairies et champs. On peut le trouver dans les zones bocagères, dans les massifs forestiers, mais aussi les zones plus cultivées, les friches…
Il est capable de s’installer en altitude jusqu’à la limite supérieure de la forêt. Certains grands parcs urbains et périurbains peuvent lui permettre également de s’installer.
Sur le territoire du Parc, de nombreuses régions lui sont favorables et il est de ce fait une espèce généralement bien répandue.

Emmanuel Boitier

Comment agir ?

Le blaireau est confronté de nos jours à des phénomènes qui peuvent dépasser le ressort individuel. Ainsi, la densité croissante des infrastructures de transport et le trafic routier font payer un lourd tribut à l’espèce. Tout aussi insidieuses, les modifications paysagères qui découlent, par exemple, de l’intensification agricole ou encore de la sylviculture productiviste (coupes à blanc, reboisements monospécifiques…) réduisent les territoires pouvant convenir à l’espèce. Mais s’il reste difficile d’agir directement à notre échelle, en tant que consommateur nous pouvons privilégier les produits issus d’une agriculture de type traditionnel d’une part, et veiller à la nature de nos achats d’objets à base de bois, d’autre part, seules garantes d’une certaine forme d’exploitation (pérenne) des paysages de nos campagnes.

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