Fiche n°55

La faune des murs de pierres sèches et des mares des jardins.

Les murets de pierres sèches, constitués d’alignements de cailloux et de rochers non maintenus par du mortier, sont riches de cavités, anfractuosités et autres petits espaces où de nombreuses espèces vont trouver nourriture et abri. Parmi ces espèces, plusieurs espèces de lézards peuvent être observées facilement, comme l’orvet, qui ne doit pas être confondu avec un serpent, le lézard des souches ou encore le lézard des murailles, qu’on nomme aussi « lézard gris ». Ils hibernent de septembre – octobre à avril – mai, même si parfois on peut les observer lors des jours bien ensoleillés du mois de mars.

Le lézard des murailles arbore parfois de belles taches bleues sur les flancs.

Le lézard des murailles arbore parfois de belles taches bleues sur les flancs.

Le lézard des souches et le lézard des murailles se ressemblent et sont parfois assez délicats à distinguer, si ce n’est que le mâle du lézard des souches porte une belle bande verte sur les flancs, et que les mâles de lézards des murailles arborent parfois de petites ocelles bleues, également sur les flancs. Ils mesurent au maximum 20 à 25 cm, queue comprise. La reproduction est assez spectaculaire, le mâle saisit la base du dos de la femelle entre ses mâchoires et la féconde, puis celle-ci pond quelques œufs qu’elle recouvre de terre. Les jeunes lézards sont totalement autonomes dès la naissance, et leur peau mue régulièrement.

Les deux espèces affectionnent les murets de pierres sèches bien exposés, où ils pourront rapidement atteindre leur température optimum aux premiers rayons de soleil, se dissimuler de leurs prédateurs, et trouver les insectes et les autres invertébrés qui composent leur menu. Leur brusque cavalcade dans les feuilles sèches du muret surprend parfois, mais ces lézards sont parfaitement inoffensifs et doivent même être considérés comme des amis du jardinier, car ils consomment de nombreux petits ravageurs des cultures. Il est très facile de les attirer dans son jardin, en empilant quelques pierres non jointes dans un espace en plein soleil !

Charles Lemarchand

Comment agir ?

A l’entrée de certains villages, dans les champs, près des rivières ou parfois dans les jardins, les mares hébergent une faune riche et diversifiée. Souvent temporaires et uniquement remplies par les pluies de printemps et d’automne, à sec en été, elles peuvent aussi être permanentes si elles sont correctement alimentées en eau. Dans les villages, elles avaient à l’origine été créées pour constituer des réserves d’eau destinées à la lutte contre les incendies domestiques ou les feux de paille dans les granges, puis elles sont souvent tombées dans l’oubli, lorsqu’elles n’ont pas été comblées pour des raisons de sécurité ou de « salubrité ». Pourtant, même en eau pendant quelques semaines seulement, une mare accueille de nombreux organismes planctoniques, des insectes qui vont venir s’y reproduire, comme par exemple les libellules, des plantes aquatiques et des amphibiens. Sur le territoire du Parc Livradois-Forez, outre la grenouille rousse, le crapaud commun et la salamandre tachetée, l’une des plus belles espèces d’amphibiens est sans conteste le triton alpestre, avec son ventre orangé vif et ses flancs bleu noir en période de reproduction. Comme les autres amphibiens, le triton alpestre vient effectuer sa parade nuptiale dans la mare, y libère ses larves, puis regagne les abords de la mare pour reprendre sa discrète vie terrestre. Il ne sortira que le soir ou lors des périodes humides, à la recherche d’invertébrés, puis à l’approche de l’hiver, il se choisira une cache bien à l’abri des intempéries. Pour les accueillir dans son jardin ou sur son terrain grâce à l’aménagement d’une mare, il est possible de demander des conseils techniques et pratiques à l’association hyla 63 : www.hyla63.free.fr.

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