Fiche n°39

Les légumes oubliés

Il y a 10 000 ans que les hommes cultivent, observent, sélectionnent les variétés potagères, déclinant le monde des légumes en une multitude de formes et variétés. Il y a les variétés fixées par la loi, inscrites au catalogue officiel des espèces et variétés, et toutes les autres : espèces et variétés locales, utilisées par un groupe restreint de jardiniers et qui ne sont pas inscrites.

La réglementation et ses limites

Produire des semences fiables et saines d’une variété définie par la loi est avant tout une affaire de professionnels ou d’amateurs éclairés. L’inscription au catalogue est longue et coûteuse et les variétés obtenues doivent trouver des débouchés commerciaux. Si les contrôles sanitaires et écologiques ont une utilité difficilement contestable pour la limitation des circulations de maladies ou de ravageurs, pour la protection contre les plantes envahissantes, les effets de la réglementation peuvent être pervers : ils limitent la palette des espèces et variétés présentes dans nos jardins et nos assiettes, ils érodent la biodiversité.

Chénopode Bon Henri

Chénopode Bon Henri

Sélection et reproduction végétale

On peut chercher à conserver pure une variété donnée ou chercher à améliorer son adaptation aux contraintes humaines et naturelles. Dans le premier cas on éliminera les végétaux « déviants » par leur forme, précocité…et dans le deuxième on recherchera les végétaux les plus « méritants » à nos yeux, même si leurs caractères diffèrent un peu de ceux des parents.
Selon les espèces et même les variétés, les plantes montrent une inclination plus ou moins grande à se croiser avec d’autres individus de même espèce. On appelle autogames les espèces où les individus qui se fécondent eux-mêmes et qui varient donc peu, et allogames les végétaux où la pollinisation se fait d’un individu à l’autre et qui varient beaucoup. Pour ces derniers la conservation est plus difficile. Mais la nature n’est pas simple et un végétal n’est jamais strictement autogame, ni strictement allogame…
Les végétaux majoritairement autogames sont toutes les annuelles, sauf la mâche. Pour nos haricots, pois, tomates, poivrons, … on peut donc sans trop de risque récupérer ses graines, ou échanger entre jardiniers des graines de variétés intéressantes. Il faut tout de même éviter une trop grande proximité entre variétés différentes.

Arroche rouge

Arroche rouge

Les variétés majoritairement allogames, sont à conserver à bonne distance des plantes d’autres variétés ou de plantes sauvages susceptibles de fleurir au même moment.Pour éviter les croisements intempestifs vous pouvez isoler les fleurs par un voile recouvrant les porte-graines pendant la floraison. Ces allogames sont les brassicacées (choux, navets, radis), les astéracées (salades, chicorées….), les cucurbitacées, les ombellifères.

Nathalie Batisse

Document

Produire ses graines

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Comment agir ?

PORTE-GRAINES ET RECOLTE DES SEMENCES

Pour chaque espèce on trouve un mode de production de semence [1], mais on peut donner quelques notions générales : d’abord, il est essentiel de choisir des porte-graines sains. Ensuite il faut que les graines soient bien mûres, et suffisamment sèches avant stockage, le séchage se fait à l’ombre. Pour les légumes à siliques (choux, etc.) on tuteurera la hampe florale et on coupera le sommet de l’inflorescence pour permettre un bon mûrissement des graines de la base. Pour la plupart des graines on fera sécher les inflorescences entières pour ne débarrasser les graines de leur enveloppe qu’au moment du stockage. Pour les fruits à pulpe choisissez des fruits parfaitement mûrs, puis débarrassez les graines de la pulpe qui les entoure, puis les sécher.

[1] On trouve sur internet les modes de culture pour chaque espèce : http://www.onpeutlefaire.com/fichestechniques/ft-recolter-ses-graines.php

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