Fiche n°11

Le houx

Aquifoliacées

Ilex aquifolium L.

Houx
Houx

Identité

Dans notre flore, le houx commun est le seul représentant de la famille des aquifoliacées, qui compte cinq cents espèces à travers le monde. Ce petit arbre persistant, haut de 3 à 10 mètres, est dioïque : les fleurs mâles et femelles sont portées par des individus différents. Ses fruits écarlates présentés dans un écrin de feuilles vernissées suffisent à évoquer l’atmosphère des fêtes de fin d’année. Aussi, fait-il partie des arbres sauvages les plus connus. Il existe une forme de houx à baies jaunes et de nombreuses obtentions horticoles différant surtout par leur feuillage.

Ecologie

Le houx est plutôt une essence d’ombre, mais son caractère conciliant lui permet d’accepter toute situation à condition d’avoir assez d’eau et de fraîcheur. Ses préférences écologiques en font un compagnon naturel du hêtre et il constitue parfois la strate arbustive de ces belles futaies de fayards que l’on aimerait ne plus voir reculer devant les résineux. Comme d’autres arbustes piquants, le houx protège volontiers gibier et oiseaux dans ses épines.
Importante source de nourriture pour ses amis ailés, les baies du houx sont pourtant toxiques pour l’Homme.

Répartition

De l’Europe occidentale à l’Asie occidentale, le houx recherche les terres humifères et les atmosphères humides. Rare dans la région de l’olivier, il est répandu dans l’Ouest, le Centre et en montagne jusqu’à 1400 mètres. Il se trouve donc abondamment dans les forêts du Livradois-Forez. Pourtant, c’est souvent dans les villages ou au bord des routes qu’on peut admirer de magnifiques individus frôlant les dix mètres de hauteur.

Le houx et les hommes

Le mot houx viendrait du francique huls ou hulis devenu hos et hous au XIIe siècle. Ilex est le nom latin du chêne vert, arbre méditerranéen aux feuilles ressemblant à celle du houx. Pline l’appellera quant à lui Aquifolium de acer, aigu, et folium feuille.
Ses rares utilisations thérapeutiques n’entrèrent que très tardivement dans la littérature médicale, quand la théorie des signatures y vit un remède contre les douleurs de l’arthrite ou de la goutte. Par contre les qualités de son bois fin, lourd et homogène sont connues depuis la plus haute Antiquité. Trois siècles avant Jésus-Christ, Caton le citait comme un des meilleurs bois de placage. Sa résistance et sa dureté en ont fait un matériau de choix pour la confection des manches d’outils, mais aussi des fléaux, des aiguillons, des cravaches, et des « houssines » à battre les tapis.

Fragon petit houx
Fragon petit houx
Nathalie Batisse

Cueuillons du gui, cueuillons du houx.

Les fêtes de fin d’année ne sauraient se passer des fameuses boules blanches et boules rouges des deux végétaux symboliques de Noël et du Nouvel An. Lorsque le houx manque, le fragon ou « petit houx », bien que botaniquement très éloigné, prête ses boules rouges et ses feuilles piquantes à la confection des bouquets de fête.
La seconde écorce du houx permet de fabriquer une colle qui a longtemps servi à « chasser aux gluaux ». Cette pratique aujourd’hui interdite consistait à piéger les oiseaux en les engluant, comme on attrape les mouches avec des rubans.

Nathalie Batisse.


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