Fiche n°56

La faune des combles

La fouine

Outre les chauves-souris et les hirondelles, de nombreuses espèces peuvent fréquenter les combles de la maison, pour la joie du naturaliste, mais parfois au prix de quelques petits désagréments ou de cavalcades nocturnes…
Ainsi, la fouine est sans conteste le plus anthropophile des carnivores sauvages : ce petit mustélidé, de la taille d’un chat, a le pelage brun gris, une longue queue touffue, et la truffe rosée. Elle arbore également une zone de poils clairs, souvent blancs, sur la gorge et le haut des pattes avant.

Fouine
Fouine
Il est rare d’observer la fouine se reposant sur une pierre descellée du mur.

Elle peut élire domicile dans un grenier, sous une avancée de toit ou dans une grange, et, après un échauffement sportif de quelques dizaines de minutes passées à courir en tous sens dans le grenier qui réveilleraient…un loir, elle part chasser la nuit les rongeurs et les petits invertébrés du jardin, manger les fruits dans les arbres ou tombés au sol, et parfois capturer des poules ou des oies dans les poulaillers mal fermés ou trop faciles d’accès, ce qui la rend « nuisible » aux yeux de certains…

Elle entrepose de la nourriture dans le grenier, et celle-ci, en plus des crottes que l’animal dispose un peu partout dans son gîte, peut devenir nauséabonde. Il est possible de la capturer sans la tuer au moyen d’une cage piège utilisée par un piégeur agréé, pour la relâcher là où elle ne gênera personne…

L’effraie

Effraie
L’effraie des clochers apprécie les chevrons et les croisements de poutres pour se percher au grenier.

L’effraie des clochers, ou chouette effraie, est un des rapaces nocturnes pouvant choisir un gîte de repos ou d’élevage des jeunes dans une habitation, si elle trouve une ouverture assez vaste, comme un ancien œil-de-bœuf, un vantail ouvert dans une grange ou l’ancienne entrée d’un pigeonnier de ferme. Elle est facile à distinguer des autres chouettes, avec sa coloration blanche sur le dessous et rousse argentée sur le dessus des ailes et le dos, et son masque facial en forme de cœur. A la nuit tombée, mais aussi parfois en plein jour lorsque des jeunes sont en cours de nourrissage, elle chasse les rongeurs et les petits insectivores, comme les campagnols et les musaraignes, participant ainsi à la régulation de leurs populations.
Si les proies sont abondantes, 6 ou 7 jeunes effraies peuvent être élevées dans une même nichée, et il est toujours surprenant de constater l’écart de développement entre l’aîné, issu du premier œuf pondu, et le benjamin de la fratrie. Les chuintements émis par les jeunes et les adultes, destinés dans la nature à éloigner les prédateurs potentiels, ont aussi effrayé les hommes et longtemps entraîné la destruction de l’espèce. Aujourd’hui protégée, l’effraie des clochers est menacée par l’utilisation des pesticides en agriculture qui entraîne la régression de ses proies, et par les collisions routières nocturnes.

Le faucon

L’autre rapace assez familier des combles est le faucon crécerelle, petit faucon au plumage brun piqueté de sombre, dont le mâle arbore une belle tête grisée. Il chasse le jour des petits campagnols, mais aussi des insectes et d’autres invertébrés, et les repère au sol en effectuant un vol stationnaire animé de battements d’ailes rapides, le « Saint-Esprit ».

Charles Lemarchand


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