Nouvelles populations en Livradois-Forez !

L’aigle botté et le martinet à ventre blanc

Le titre n’aurait pas déplu à La Fontaine ou à Charles Perrault et l’histoire est plutôt belle à raconter. Il y a des printemps comme ça, propices aux rencontres inattendues avec les grands voyageurs. Dans le langage des ornithologues, il faut dire contact. Sans doute pour donner à la chance une allure plus scientifique. Mais en leur for intérieur, les ornithologues amateurs ou patentés qui ont contacté deux nouvelles espèces d’oiseaux en Livradois-Forez garderont au cœur l’émotion d’une première rencontre.

Contactées ce printemps

Nos deux espèces d’oiseaux ont un point commun, ce sont de grands voyageurs qui ont déjà l’habitude de venir en Auvergne pour leur reproduction mais qui jusqu’à présent n’avaient pas recherché l’hospitalité en Livradois-Forez. C’est aujourd’hui chose établie. Pour le reste, voyons pour chacun ce qui les caractérise :

Un cousin habillé en queue de pie

Le Martinet à ventre blanc était jusqu’à présent un adepte de la villégiature en Haute-Loire et comme le pèlerin revêtu de sa cape sombre il retourne régulièrement au Puy-en-Velay chaque année. Avait-il été contacté plus au nord il n’en avait pas pour autant été observé comme nicheur dans le Puy-de-Dôme. Les ollierguois profiteraient-ils du réchauffement climatique ? En tous cas ils sont heureux de vous annoncer que trois couples de martinets à ventre blanc ont convolé en 2013 dans la cité de Jean sans Peur, considérant sans doute le caractère méridional de la ville qui sied à l’espèce.

Martinet à ventre blanc
Martinet à ventre blanc

Le martinet à ventre blanc, comme son nom l’indique, a le ventre et la gorge immaculés, séparés par un collier brun. Le martinet à ventre blanc est typique des zones escarpées de montagne et des falaises et est beaucoup plus rare que le martinet noir en zone urbaine, ce qui honore une nouvelle fois les habitants d’Olliergues de cette exception. Il est aussi plus imposant que son cousin avec 60 cm d’envergure et chasse nettement à plus haute altitude évitant la concurrence déloyale. Son cri est moins strident et plus complexe. Il migre en Afrique tropicale en septembre et revient entre mars et avril. Madame pond entre un et cinq œufs qui sont couvés trois semaines.

Un inconnu dans le Livradois-Forez : l’aigle botté

C’est le plus petit de sa catégorie : les aigles. Gros comme une buse, de loin sa silhouette peut faire penser à un milan noir. Sa taille avoisine la cinquantaine de centimètres pour une envergure déjà remarquable de 113 à 138 centimètres. C’est bien un aigle qui s’offre la particularité de présenter deux morphes de coloration de plumage (clair et sombre).

Aigle botté
Aigle botté

Comme le chat éponyme du conte, l’aigle botté peut chasser le lapin et d’autres petits mammifères (écureuils, campagnols…) Mais son régime alimentaire est très varié puisqu’il s’adapte à la richesse de la faune locale. En France, il capture essentiellement des oiseaux de petite et moyenne taille : alouettes, moineaux, étourneaux, grives, merles, geais, pies, corneilles, pigeons, perdrix, etc. Il peut également consommer des reptiles (surtout des lézards) A l’occasion, il peut manger des insectes ou piller les nids des autres oiseaux.

Champion de voltige

C’est un chasseur aérien très habile qui exécute des piqués, des vols glissés. Il excelle sur tous les terrains, forêts et plateaux ouverts. En parade nuptiale il monte en altitude et effectue des piqués de 800 m ! Les couples semblent unis pour la vie et élèvent entre un et deux jeunes.

On pourrait dire que Le Livradois-Forez est fait pour lui : l’aigle botté évite les grandes forêts uniformes. Il préfère les habitats semi-forestiers : forêt de pins ou de feuillus ouvertes ou fragmentées par des friches, des terres cultivées ou des zones bocagères. Il affectionne les zones de moyenne montagne qui lui offrent des espaces de chasse variés (prairies bocagères, landes, villages) et des forêts mixtes de pente et pourtant il n’avait jusqu’alors jamais été noté nicheur en Livradois-Forez. On le connait depuis longtemps dans le Cantal ou il y a la plus forte population, le Limousin, les Combrailles, l’Allier il n’y avait qu’une vallée à franchir pour retrouver, sans doute après une longue absence, un pays de cocagne sur les pentes occidentales des Monts du Forez. La population régionale est estimée par la LPO Auvergne entre 80 et 135 couples ce qui fait que l’Auvergne accueille la troisième plus importante population Française.

L’aigle botté est un grand migrateur. Il hiverne dans le sous-continent Indien et en Afrique, au sud du Sahara, dans les savanes arborées d’Afrique tropicale, du Sénégal à l’Ethiopie et jusqu’en Afrique du Sud.
En France, les territoires de reproduction sont rejoints mi-mars/début avril et le départ en migration s’effectue peu après l’envol des jeunes, au mois de septembre.

Tout ce petit monde va bientôt repartir. On lui souhaite bon vent et à l’année prochaine.

Contact Parc Livradois-Forez :

Serge Chaleil au 04 73 95 57 57
s.chaleil@parc-livradois-forez.org


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